Neocity

Jeu de rôle de science-fiction
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 Dash

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Localisation: Paris
Date d'inscription: 22/03/2006

MessageSujet: Dash   Mer 12 Juil - 19:50




Matricule: M66592-3

Prénom: Dash

Âge: Créé à Neocity il y a 8 ans

Compétences professionnelles:
Fonction principale : gardien et compagnon de jeu pour enfants (lecture, légère activité physique, aide aux devoirs…)
Fonctions secondaires : Cuisine, rangement, coordination de la robotique ménagère
Module de gestion de l’agressivité

Zone d'habitation:
Enregistré dans la zone 1 – secteur nord
Actuellement porté disparu

Salaire souhaité: /

Compte en Banque:
Absence de puce – non référencé
Autorisé à prélever une somme réduite (jusqu’à 200 unis) sur le compte AGH12976 Hélios T. Durrenach

Possessions: /

Casier judiciaire: Vierge

Description physique: Le moins que l’on puisse dire, c’est que Dash n’a pas l’air d’un androïde. Oh, peut-être un peu, dans la mesure où ses traits fins et sa silhouette mince à la limite de l’androgynie en font un être plus proche d’un fantasme artistique que d’un véritable adolescent. Le seul détail apparent qui dément sa nature humaine est son absence d’organes génitaux – il n’a pas été conçu pour faire office de gigolo, mais pour s’occuper d’une petite fille…
Pour le reste, le robot est d’un réalisme stupéfiant. Sa peau lisse est douce et chaude, pourvue de ridules d’expressions et même d’une légère pilosité artificielle. La matière organo-plastique qui compose ses muscles procure une agréable sensation au toucher, qui évoque assez bien le contact de la véritable chair. Il faut l’entailler pour se rendre compte que ce n’est pas du sang qui coule, mais un translucide liquide de refroidissement.
Le reste de son apparence est tout aussi soignée dans sa conception, que ce soit sa voix masculine assez grave ou ses cheveux noirs qu’il doit régulièrement remettre en place pour dégager son visage.
Ses yeux, notamment, sont de véritables petits chef-d’œuvres : leur « rétine » est parsemée d’une foule de fibres optiques qui visent non seulement à capter des images, mais également à conférer d’expressifs reflets aux iris de verre bleuté. Ils sont entretenus grâce à l’eau distillée contenue dans un système qui imite celui des glandes lacrymales : Dash peut pleurer. Et hélas, à cause de l’importante sensibilité qu’il était nécessaire de conférer à ses membres, il peut également souffrir.


Caractère: Le caractère officiel de Dash est bien défini dans le programme que son créateur lui a intégré :
- Doux, patient, passif. Apte à obéir sans se poser de questions, du temps que les ordres donnés n’entre pas en conflit avec les Trois Règles de la robotique.
- Inventif, mais seulement dans le domaine de la distraction afin de rester inoffensif.
- Mémoire vive très importante, pour un meilleur traitement des données. Mémoire des évènements assez importante. Mémoire de reproduction des gestes nulle : l’apprentissage d’un nouvel acte nécessite une mise à jour.
- Sait rire, pleurer, compatir. Se méfie des autres humains, particulièrement des individus qui s’intéressent aux enfants dont il s’occupe ou aux travaux de ses propriétaires.
- Léger bug syntaxique qui le fait parler à la troisième personne du singulier.
Enfin, léger bug… C’est ce que croît son créateur. En fait, Dash souffre d’une erreur de programmation autrement plus importante, qui altère sa perception de la réalité. Reclus dans son propre monde, le robot ne se rend absolument pas compte que les humains peuvent lui mentir, ou bien abuser de sa serviabilité. Il ne sait rien de la capacité de mentir : on peut obtenir n’importe quoi de lui, pourvu de ne pas l’attaquer de front.
Un autre problème découle de cette erreur : Dash est persuadé qu’il est humain. Un humain différent, certes, mais un humain tout de même. Il refuse de croire ceux qui lui disent qu’il est un androïde, et sa sensibilité incomplète entre ainsi en conflit avec sa programmation la plus basique, à savoir qu’il ignore le concept de mensonge. Cette contradiction a des conséquences sur l’organisation synaptique du robot et donc sur son attitude, qui devient dangereusement imprévisible : il peut rester complètement tétanisé, fondre en larmes, se mettre à hurler… voire plus grave, peut-être jusqu’à transgresser l’une des Trois Lois…

Biographie:

« Tu as fini ? »

Anna Durrenach sourit en voyant la tête échevelée de son mari émerger de l’amas de terminaux informatiques qui envahissait la moitié de la pièce. L’homme considéra un court instant son épouse, avant de remettre en place les lunettes que la sueur faisait glisser le long de son nez aquilin.

« Pratiquement… il y a un dernier bug que je n’arrive pas à résoudre, et ça m’agace prodigieusement ! »

Nouvelle plongée parmi les écrans bleutés. Anna eut un petit rire et contourna avec précaution ce joyeux fatras marqué du logo de l’Isra, pour découvrir la table de travail de l’informaticien. La jeune femme enjamba les nombreux câbles qui y aboutissaient et alla s’y appuyer, en tournant le dos à la silhouette dénudée qui y gisait.

« Hélios ?
- Mmmh ?...
- C’est la troisième version, non ?
- La 3.0, oui. Enfin, si j’arrive à résoudre ce fichu bug… Mais où est-ce que j’ai bien pu foutre cette saloperie de carte-mère ?!
- Attention, tu deviens vulgaire… Quel bug ? »

L’informaticien se redressa avec un soupir, puis il pivota sur sa chaise de bureau pour faire face à son épouse. D’un geste tragique, il désigna le corps allongé sur la table de travail.

« Il y a un problème dans le circuit syntaxique qui le fait parler à la troisième personne du singulier, et je ne…
- Oh, Hélios… »

Anna leva les yeux au ciel et alla jusqu’à son époux pour s’asseoir sur ses genoux. Le jeune homme, bien que préoccupé, se garda bien de se défendre. Le couple échangea un baiser, avant de se perdre quelque secondes dans la contemplation de cet être à l’apparence si humaine qui semblait dormir sur la table.
Les deux versions précédentes n’avaient pas été inutiles : le résultat définitif se rapprochait de la perfection. Ce qui n’était qu’une machine pouvait fort bien passer pour un adolescent d’environ vingt ans tant la texture des cheveux, la coloration de la peau, les fins ongles nacrés qui terminaient les mains semblaient authentiques. Seule l’absence d’organes reproducteurs rompait la parfaite ressemblance entre l’artificiel et le naturel.
Anna posa la tête sur l’épaule de son mari, avant de murmurer :

« C’est un prodige, ta plus belle réussite.
- Tu as conçu l’apparence externe…
- Arrête, c’est toi qui as fait le travail le plus important. Le conseil d’administration va te décerner une médaille pour avoir créé une perle pareille. Alors est-ce que tu penses vraiment qu’un petit soucis de langage va entacher une aussi superbe avancée technologique ? »

Elle se redressa légèrement pour regarder Hélios dans les yeux :

« Tu as trouvé comment convertir des données informatiques en émotions. Tu as créé un robot doué d’une véritable sensibilité. Qu’il parle de lui-même en disant « je » ou « il » n’a aucune importance : c’est un prototype, tu te chargeras de l’améliorer plus tard.
- Mais si je trouvais maintenant l’origine de l’erreur…
- Tout ce que tu risques, c’est de démolir un circuit bien plus important – c’est un assemblage si délicat… Allez, active-le maintenant. Anina l’appréciera tel quel, j’en suis sûre. »

Le perfectionnisme maladif d’Hélios le poussa à hésiter encore un peu, mais la crainte de sa femme n’était pas sans fondement : au Centre de Réparation où elle travaillait en tant qu’ingénieur, les trois quarts des robots non commercialisés fonctionnaient de travers à cause des trop nombreuses mises à jour de leur créateur.
Et puis Anna avait raison sur un autre point : cet androïde devait servir de compagnon à leur fille de six ans, Anina, pas de mannequin dans une vitrine. Un petit accroc syntaxique valait mieux qu’une sensibilité détériorée.

« D’accord, je m’en occupe… »

Anna récompensa sa bonne résolution d’un autre baiser, avant de retourner auprès du robot. Elle le dévisagea quelques secondes et se félicita de l’air de douceur qu’elle avait réussi à conférer à ses traits, avant de demander à voix haute :

« On l’appelle toujours Dash ?
- Oui, on l’appelle toujours Dash. »

*****

Combien de parents se plaignent de ne pas avoir vu passer l’enfance de leur progéniture ? Le temps file, s’écoule si vite… Et aussi surprenant que cela puisse paraître, même Dash s’en rendait compte, en cet instant où il se tenait devant la porte close d’Anina.

« Nina, tu devrais ouvrir.
- Va te faire voir ! »

Quel âge avait-elle, à présent ? Le cerveau de silicone de l’androïde lui renvoya le chiffre 14. La petite Anina avec laquelle il jouait au parc avait bien changée, et depuis quelques temps le robot avait l’impression de moins en moins comprendre les réactions de la jeune fille. Elle le traitait de plus en plus avec un mépris que l’androïde ne comprenait pas : dans son esprit simplifié, une telle attitude à son égard signifiait qu’il avait fait quelque chose de mal. Or il ne parvenait pas à comprendre quoi.

« Dash ne savait pas quoi dire à M. Durrenach, Dash a pensé faire pour le mieux…
- Je t’avais ordonné de te taire !
- Mais M. Durrenach a demandé à Dash de parler, et Dash…
- Oh, j’en ai ma claque ! »

La porte s’ouvrit brusquement et la jeune fille repoussa son robot avec hargne pour pouvoir passer. Dash se laissa écarter du chemin, sans même avoir conscience que c’était pour éviter qu’elle ne se blesse sur son torse d’aluminium.

« Mais Nina…
- Tu n’avais pas à dire à mon père que je sortais avec Zarkos ! Je t’avais dit qu’il le prendrait mal ! »

Visiblement furieuse, la jeune fille continua son trajet à travers le grand appartement désert. L’androïde la suivait, un air contrit peint sur ses traits artificiels. Il souffrait de cette distance qu’elle cherchait à établir entre eux, lui qui s’était toujours senti si proche d’elle…
Aucun des deux parents d’Anina ne pouvait se vanter d’avoir passé avec elle autant de temps que Dash. Lorsqu’elle était petite et que ses géniteurs travaillaient, c’était l’androïde qui allait la chercher en tram à l’école, c’était lui qui lui préparait à manger et lui lisait des histoires. Plus tard, lorsqu’elle avait eu ses premières règles, c’était Dash qui s’était occupé d’elle. Encore plus tard, lorsqu’elle allait en ville avec des amies, c’était Dash qui allait la récupérer. Et maintenant…

« Nina ? Où vas-tu ? »

La jeune fille venait d’attraper sa veste dans le dressing et elle marchait maintenant d’un bon pas vers la porte d’entrée. Cette fois-ci ouvertement inquiet, Dash ne se fit pas prier pour la rattraper et s’interposer entre elle et la porte.

« Tu ne dois pas sortir aussi tard !
- Laisse-moi passer, tas de boulons ! Je fais ce qu’il me plaît ! »

Deuxième loi de la robotique oblige, l’androïde n’eut d’autre choix que de se décaler sur le côté. Ses traits fins s’étaient figés en une expression déterminée.

« Alors Dash te suivra.
- T’as pas intérêt.
- Ce sont les instructions de M. Durrenach, elles passent malheureusement avant les tiennes. »

Dash sentit une étrange sensation se répandre dans son corps lorsque Anina le foudroya du regard. Aussi illogique que cela parût à ses synapses artificielles, il avait l’impression que ces yeux le lardaient de coups de poignard. Et le robot ne tarda pas à découvrir que la voix humaine était également apte à produire ce genre d’effet :

« Si papa tenait tellement que ça à moi, il n’avait qu’à être là et ne pas me faire surveiller par une de ses poupées !
- M. Durrenach n’a pas de poupée. Et puis c’est Dash qui te surveille.
- Mais justement, crétin, qu’est-ce que tu crois que tu es ?! Bon sang, en huit ans tu n’as même pas été fichu de comprendre ça ? Tu es une machine ! Tu es un réfrigérateur qui pense ! »

La douleur se précisa dans la poitrine de l’androïde, et il se mordit la lèvre inférieure en un tic pré-programmé. Jamais Hélios ne lui avait ouvertement affirmé qu’il était un robot, sans se rendre compte que son androïde n’en avait lui-même pas conscience. Dash n’avait même pas réalisé qu’en huit ans, son reflet dans le miroir n’avait pas changé d’un pouce, alors que Anina se transformait presque à vue d’oeil. Pour lui, c’était ainsi, voilà tout : il était simplement un garçon à l’évolution un peu particulière. Pas un robot, pas une simple machine, ça non…
Sa voix s’éleva à nouveau, avec une nuance d’hésitation qu’on aurait pu jurer humaine :

« Ce n’est pas vrai… Dash est… Dash. »

Sans concession, Anina lui cracha :

« Eh ben Dash n’est qu’un peu de métal et de silicone. Je n’ai jamais compris pourquoi tu avais cette ridicule idée que tu étais humain. Papa a été stupide de ne pas de détromper, et moi aussi. Enfonce-toi bien dans les circuits que tu n’es qu’un programme, tu n’as pas d’âme ! Tu es un robot, un ro-bot ! Alors tu vas rester ici comme la machine que tu es et tu vas t’abstenir de m’obliger à revoir les billes de verres que tu as à la place des yeux, compris ? »

Et elle sortit en claquant la porte.
Combien de temps Dash resta-t-il immobile, tétanisé devant le panneau blindé ? Horloge interne ou pas, lui-même n’aurait pas su le dire. Tout ce qu’il savait, c’était qu’il avait mal. Très mal. Assez pour que des larmes d’eau distillée s’écoulent sur la peau éternellement glabre de ses joues. Pourquoi… pourquoi lui avait-elle dit de telles choses ? Pourquoi ne voulait-elle plus le revoir ? Il n’avait fait qu’obéir aux ordres de M. Durrenach…
Dash baissa les yeux sur ses mains à la peau claire et aux doigts fins. Ces ridules aux articulations, ces lignes dans ces paumes… Elles ne pouvaient être que naturelles, n’est-ce pas ? Personne ne poussait le réalisme d’un androïde à un tel niveau de perfection, c’était insensé. Quel importance qu’il se « nourrisse » en dormant, lorsqu’il connectait à son poignet une rallonge qui menait à la prise du salon ? Dash caressa doucement cet endroit à la peau plus fine, cette zone à travers laquelle la bienveillante énergie pénétrait si facilement son organisme lorsqu’il enfilait son bracelet conducteur… Un robot ?

Alors il se produisit quelque chose dans l’esprit artificiel de l’androïde, et une étincelle s’éteignit dans son regard bleu. Un programmateur aurait été bien en peine d’expliquer pourquoi, mais Dash venait de prendre une décision illogique – sans doute un bug quelconque. Sa petite maîtresse lui avait ordonné de partir ? Eh bien il partait. Immédiatement. Pour ne plus revenir.

Peut-être qu’Hélios Durrenach avait un peu trop réussi son prototype lorsqu’il avait essayé de transformer un programme en âme sensible…
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Dash
Androïde en émancipation


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Date d'inscription: 03/06/2006

MessageSujet: Re: Dash   Mer 16 Aoû - 18:00

Partie I: La Fuite:

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Zone 2 - Gare de Tram
Zone 5 - quelque part dans les rues
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Dash

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