Post suivantAussitôt à l'intérieur du bâtiment, la lumière s'allume, ayant détecté ma présence. Je me dirige donc vers l'ascenseur, dont les portes s'ouvrent quand je suis à son niveau. J'entre, et désigne l'étage. Le monstre de métal s'élance alors sans un son, sans provoquer la moindre impression de vitesse... Il gravit les dizaines d'étages presque instantanément et je me retrouve dans le couloir menant à la porte de l'appartement.
Cette fois encore la lumière tamisée me permet de trouver ma voie rapidement. Je pose la main sur la poignée, et aussitôt la lumière verte du scanner éclaire ma paume. La porte s'ouvre alors, et je rentre chez moi, entendant bientôt le déclic de la porte se refermant.
Je me déshabille comme je peux, ma veste allant rejoindre le canapé blanc, donnant un semblant de vie à l'endroit. Je m'assois sur une chaise, ôtant mes chaussures pour me retrouver seulement en collants. Je reste un moment, et mon regard se pose sur la fenêtre, l'immense cité s'étendant au loin dans cette surenchère de couleurs.
Le téléphone commence alors de sa voix presque humaine à me donner les messages reçus. Je les n'écoute pas, et me relevant je sors du salon, la voix s'arrêtant aussitôt et me souhaitant la bonne nuit.
Ma main vient pousser la porte de la salle de bain tandis que j'entre. Me mettant face à la glace surplombant le lavabo je m'observe, des cernes commençant à poindre sous le maquillage. Je crois qu'avant de travailler j'aurais intérêt de faire couler un bain. Je règle alors la baignoire sur la température adéquate, la laissant se remplir seule.
Je rentre alors dans ma chambre, contemplant l'écran encore allumé. Je vais vite fait vérifier le courrier électronique, mais rien d'intéressant. Je m'en retourne, mais à ce moment précis l'ordinateur émet un bruit inquiétant. Je me retourne et l'écran se teint de noir. Je reste un instant sans comprendre, mais bientôt la voix artificielle de la machine se met à parler:
« Bonjour Mademoiselle Standford. »
Il me faut quelques secondes pour me rendre compte qu'il m'a appelé par mon nom. J'ai réglé les appareils de l'appartement sur la fonction prénom, et ce n'est donc pas la machine qui parle. Je demande aussitôt une vérification des protections du système.
« Mes excuses, j'ai du contourner vos protections pour entrer en contact avec vous. Je me suis garanti, il vous est désormais impossible de contrôler votre ordinateur pour les quelques minutes qui je le suis sûr constitueront pour vous un grand intérêt. »
Je reste éberluée. Il me faut quelques secondes pour réagir, et pour répondre:
«_ Qui êtes-vous?
_Mon nom ni mon identité n'ont aucun intérêt Mademoiselle Standford. Ce qui compte, c'est que je sais ce que vous recherchez, et que je peux vous donner des éléments de réponse quant à la véracité de faits que vous savez exacts sans pouvoir l'avérer.
_Vous savez quelque chose sur...
_Sur le secret, oui tout à fait. Je ne peux vous en parler ici, si j'ai pu contourner vos défenses, n'importe qui d'un tant soi peu expérimenté le pourra également. Si vous voulez savoir ce que j'ai à vous dire, rendez-vous demain à 15h34 au bar Kay. Entrez dans la réalité virtuelle numéro 33bis, le mot de passe étant le prénom de votre père. N'en parlez à personne. Si je ne peux sécuriser la rencontre nous devrons reporter. Connectez vous à cette minute précise, ni avant, ni après. Au revoir.
_Attendez... »
L'écran noir disparaît, et aussitôt tout redevient normal. La connexion reprend et l'ordinateur ne semble pas avoir détecté d'intrusion. Je reste de longue minutes à contempler le paysage qui évolue devant moi, devant le synthétiseur de pages... Puis un son me rappelle, le bain étant prêt.
Je me redresse, m'étant un peu penchée sans m'en rendre compte, et me dirige vers la salle de bain. 15h34, numéro 33bis, mot de passe James... Je ne comprends pas, espérons que demain tout sera clair.
Je me déshabille, déposant mes vêtements dans le lave linge qui entreprend aussitôt de les remettre à neuf. Les poches sont vidées et leur contenu se retrouve dans un petit sac, sur le côté de la machine. J'entre alors dans l'eau, qui a la température idéale, et frissonnant un court instant m'immerge totalement. Je ferme les yeux, repensant à tout cela, ne comprenant pas encore. Mes recherches... Avais-je raison pendant tout ce temps?
L'alcool semble avoir totalement disparu de mon sang, et je suis en pleine possession de mes moyens, comme si j'avais reçu un coup de fouet au visage. Et si c'était un piège? Et si c'était pour me faire taire, ou au contraire pour me donner des fausses informations... La peur me saisit, mais je sais que j'irai, et cette personne le sait aussi nécessairement.
Je sors la tête de l'eau et regarde l'heure: 4h12, il faudrait que je dorme si je veux me réveiller le lendemain. Je me lave donc en vitesse, puis sors de l'eau. Une serviette chaude vient sécher mes cheveux, et j'enfile une chemise de nuit avant d'aller dans ma chambre. Je laisse l'ordinateur allumé, on ne sait jamais, puis je monte dans mon lit, m'étendant.
La fatigue est très présente mais je mets tout de même du temps avant de m'endormir, m'interrogeant, me demandant où est-ce que je vais, et si j'ai raison... Enfin cela n'a pas d'importance, de toute façon j'y vais.
Je finis par sombrer dans les bras de Morphée un peu plus tard.